Dimanche 5 février, ste AgatheAujourd'hui je sors en mer avec un équipage de scouts marins, l'Épervier. Nous naviguons sur une yole de Bantry, dans la Rade de Marseille. Les conditions de vent et de mer nous ont contraints à rester tirer des bords (carrés...) devant le centre de voile du Roucas, port d'attache de la yole. Pour créer une rupture dans la journée, je décide de mouiller au moment du déjeuner. Les garçons, naturellement, en profitent pour s'allonger sur les bancs de nage après avoir pris leur repas, un début de sieste s'installe. Je laisse se mettre en place à bord un vrai temps de silence et de paix. Nous repartons, la fin de la journée est très agréable malgré le froid (2° C en début de sortie, 8° C en fin). Le retour au port est très calme. Les garçons éprouveront le besoin de finir la journée en faisant des départs de régate, pour se défouler mais surtout pour le plaisir. C'est le soir que j'ai eu l'éclairage spirituel de cette journée. Mon ami Pierre, fervent chrétien cloué dans son lit par une maladie, souhaitait recevoir la communion. Après avoir navigué avec les scouts, je suis allé à la messe et j'ai demandé une custode pour porter la communion à Pierre. Celui-ci, après la brève cérémonie de transmission de la communion que nous célébrons à deux dans sa chambre, me parle de ses réflexions spirituelles. Elles portent sur l'Évangile de la veille :
Marc 6,30-34.
Les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger. Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart. Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
Pierre m'explique alors que la barque dans laquelle Jésus embarque les apôtres à l'écart est le lieu de repos et de joie où le seigneur convie ses amis, pour restaurer leurs forces en vue de leur permettre de mieux participer à l'annonce de la Bonne Nouvelle. Ce repos dans le Seigneur est aussi celui auquel nous sommes tous conviés, dans notre vie ou à son terme.
Et là, je en peux m'empêcher de faire le rapprochement avec l'instant de grâce vécu quelques moments plus tôt, aux pieds de la Bonne Mère, avec les scouts. Nous aussi, nous avons éprouvé le besoin de partir à l'écart. Nous aussi, nous avons recherché alors le repos. A cet instant, nous étions comme dans toute cette rade, en vue de Notre Dame de la Garde. Les scouts n'ont pas eu conscience qu'ils ont fait l'expérience d'une ouverture sur l'éternité mais je suis dépositaire de cette évidence, qui m'ouvre le coeur sur l'infinie miséricorde du Seigneur. Tous ces cadeaux qui nous sont faits et que nous ne voyons pas. Il faut un oeil exercé pour les percevoir, c'est ce qu'a montré mon ami Pierre.
S'ouvrir l'oeil à la beauté du Seigneur, voilà une perspective qui change la vie...